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    Voir notamment le colloque sur le service civil volontaire
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    Pour un service volontaire de solidarité
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    Présentation de l'initiative de l'ESSEC à l'origine de la Charte pour l'égalité des chances dans les formations d'excellence
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    Présentation du service civil volontaire sur l'encyclopédie libre et collaborative Wikipedia
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Creative Commons

08/11/2006

Nous ne sommes pas l'association pour la promotion du service civil obligatoire !

Contrairement à ce que La Vie écrivait dans son article du mois de février 2006 consacré au service civil, notre association n'est pas l'association pour la promotion du "service civil obligatoire", nous sommes simplement "l'Association pour la promotion du service civil".

Nous ne concevons pas le service civil dans le cadre institutionnel actuel, nous le concevons comme une modalité de refondation sociale et politique et nous pensons que sa généralisation serait un facteur de revitalisation du lien entre le citoyen et la Nation.

Aujourd'hui, trop souvent, l'une des justifications avancées pour soutenir la création d'un service civique obligatoire est de "redresser" la jeunesse.

Pour notre part, nous pensons que le service civil ne doit pas s'adresser à quelques uns seulement mais doit pouvoir être effectué par tous, quel que soit l'âge, quel que soit l'origine sociale, que l'on soit étudiant, avocat ou retraité, que l'on ait 18, 35 ou 65 ans.

Nous pensons en effet que le système institutionnel français souffre d'une réelle perte de légitimité due à l'effritement de son modèle éducatif méritocratique, à la faiblesse institutionnelle de son Parlement, à l'absence d'indépendance d'une justice conçue non comme un pouvoir mais comme une autorité.

En France, le jeu entre les pouvoirs et les contre-pouvoirs n'est pas suffisant et l'une des matérialisations les plus concrètes de ce phénomène reste l'explosion des dépenses de fonctionnement de l'Etat, financées par emprunt, sur le dos des générations à venir : quand le Parlement ne contrôle pas l'Exécutif, le déficit file.

L'Ecole, dont le but est d'imprimer à la jeunesse, et ainsi à la société, des chances égales de réussite et d'accomplissement, l'Ecole, la première institution de la méritocratie, celle qui, avec la libre entreprise, anime un puissant sentiment de progrès dans une société, cette Ecole est aujourd'hui en ruines : des ZEP sans moyens aux prépas privées indispensables pour préparer médecine (à plusieurs milliers d'euros l'année), aux facs de tiers-mondisées, le constat est catastrophique.

Ce phénomène sape en profondeur les fondements de notre pays.

Alors, dans ce système qui s'effondre, vouloir exiger de la jeunesse un service civique obligatoire pour la redresser, c'est, d'une certaine manière, l'accuser des erreurs que l'on a commises et que l'on s'avère incapable de rectifier.

La seconde erreur que l'on peut déceler chez les tenants actuels d'un service civique obligatoire, c'est la croyance en la toute-puissance des associations comme assurant l'unité d'une société ou en justifiant l'organisation.

Où est passé l'Etat ? où sont les collectivités territoriales, les administrations ? Toutes participent aussi à l'exercice de missions d'intérêt général.

Quand on parle de service civil avec les tenants du service civique obligatoire, l'essentiel semble être de faire en sorte que la jeunesse fasse du bénévolat forcé, une formule qui nous semble aussi maladroite que lourde d'effets. Combien de ressentiment fera-t-on naître au nom d'une générosité obligatoire ? combien de jeunes détournera-t-on des mouvements associatifs pour les y avoir forcés ? quel singulier manque d'imagination.

Non, le service civil est une modalité d'organisation politique qui permet de placer le citoyen au coeur de toutes les missions d'intérêt général, quelles qu'elles soient. Il ne faut pas en confondre le but : qu'il soit assuré par tous ou tous ceux qui le souhaitent, et l'un des moyens éventuels pour arriver à cette fin : le rendre obligatoire.

Alors que notre pays s'interroge sur sa raison d'être, le service civil pourrait revitaliser notre rapport aux autres, au monde et à la Nation. Tout d'abord il pourrait contribuer à faciliter une révolution éducative au coeur de l'Ecole et de l'Université. En effet, le service civil pourrait être une modalité de paiement des études par les étudiants, à la condition que les campus ne restent pas dans l'état actuel : qu'ils soient rénovés, qu'il règne sur eux un souffle neuf, que les enseignants se chargent personnellement des élèves et ne les laissent pas s'effondrer seuls (près de la moitié des étudiants initialement inscrits en premier cycle sortent de l'université sans diplôme). Dans ces conditions, chaque étudiant pourrait assurer des cours de soutien scolaire auprès des plus jeunes, ou encore participer temporairement à des missions au sein de l'Etat ou des collectivités locales dans les domaines dans lesquels il a été formé. Des étudiants en informatique pourraient mettre en place des réseaux wifi dans des hôpitaux, des étudiants en droit pourraient être assisants de justice dans les Tribunaux, des étudiants en sociologie réaliser des audits organisationnels, des étudiants en histoire assurer des cours de soutien dans leur matière pour des jeunes collégiens, etc.

Si l'on quitte le domaine de l'Education pour s'intéresser à la Justice, alors que l'on prête aux juges l'atavisme hiératique inhérent à leur passage par l'ENM, une sélection des juges parmi les meilleurs avocats permettrait à ces derniers d'acquitter leur impôt en industrie. Ne serait-ce pas une belle réforme ?

C'est là qu'est l'enjeu institutionnel fondamental du service civil : en plaçant chacun de nous au coeur de l'exercice de l'action publique, le service civil permet de lutter contre un phénomène beaucoup moins commenté et perceptible que la supposée décadence civique de la jeunesse : la lente virtualisation du politique et de l'organisation en commun provoquée notamment par le fait que nos représentations collectives sont aujourd'hui pour leur quasi majorité, véhiculées par l'image, virtualisées.

Pour notre association, le service civil est une modalité d'organisation de la vie publique et de la vie politique. Il permet de placer le citoyen au coeur des réalités politiques, administratives et sociales de son pays et de sa société.

Parce qu'il sensibilise et démontre concrètement et directement les enjeux et modalités d'administration de l'intérêt général, les enjeux, les questions, les pratiques et les modalités d'organisation de la vie en commun, le service civil n'a pas à être réservé aux seuls jeunes. Au contraire. C'est un catalyseur de l'action civique, un quasi contre-pouvoir, une modalité d'exercice de la citoyenneté. En l'effectuant, chacun d'entre nous sera, à n'en pas douter, beaucoup plus sensible à une bonne gestion publique.

Aussi, le seul service civil obligatoire que nous pourrions souhaiter possible de proposer au vote, par référendum, serait un service civil de 1 à 3 mois, de sensibilisation à l'action publique pour les jeunes citoyens, inscrit directement dans leur cursus d'études. Il serait  un devoir tolérable si le pays agissait enfin pour corriger les dysfonctionnements du système éducatif.

Dans ce cadre, ce service civil de sensibilisation serait le premier élément d'un dispositif plus vaste qui pourrait être accompli sous sa forme volontaire, être effectué sous diverses formes et à n'importe quel âge, en tant que modalité de paiement de l'impôt ou des études, par exemple.

Dans tous les cas, si un service civil devait être rendu obligatoire, pour une période minimale, ce serait l'occasion pour la jeunesse d'exiger pour l'avenir de ce pays, plus de moyen et d'engagement, une réforme de l'Université, de l'Ecole, de la Recherche, une véritable politique de la ville et de l'entreprise, en résumé, l'inscription de cette mesure dans une perspective simple et neuve : c'est à la jeunesse de transformer le monde mais elle a besoin de moyens pour le faire, elle a besoin de pépinières d'entreprises dans les universités, de ne pas avoir à payer 15 000 euros de charges sociales les trois premières années de création d'une entreprise alors même qu'elle n'a pas de chiffre d'affaires, elle a besoin de classes de 15 élèves au plus dans les ZEP, de tous ces engagements qui pourraient rendre notre pays plus simple, efficace et méritocratique, sans fausse promesse de solidarité.

L'on sait, par exemple, d'après les recherches faites en économie de l'éducation que, dans les ZEP, des classes à faible effectif (15 élèves) auraient de réels résultats ; l'on sait que des pépinières d'entreprises dans les universités ou des fonds d'amorçage permettraient à de jeunes étudiants de créer les entreprises et les services de demain ; l'on sait que de ne plus cloisonner les filières et de permettre des doubles cursus faciliterait la vie sociale et l'épanouissement intellectuel des étudiants tout autant qu'ils favoriseraient leur création de valeur ajoutée ; l'on sait que des réseaux wi-fi gratuits dans chaque ville de France permettraient à chacun d'accéder à la plus gigantesque source de connaissance au monde ; qu'un ordinateur pour chaque enfant scolarisé créerait une génération numérique en avance sur tous les pays du monde.

Combien de temps faudra-t-il pour que la France retrouve sa voie, celle d'une société de la connaissance, ouverte, méritocratique et démocratique, fille de l'audace, de la liberté et de l'imagination ?

Nous avons ces combats à mener. Les solutions seront peut-être inattendues. Nous les chercherons !


Jean-Jacques Arnal


Texte modifié les 1 février et 7 avril 2007


PS : Ce texte est le dernier texte que j'écris et publie au nom de l'association pour la promotion du service civil dont l'action cesse à partir d'aujourd'hui.

Je continuerai, en mon nom personnel, à publier sur ce blog, et j'essaierai de voir dans quelle mesure nous pouvons apporter des solutions aux défis et aux enjeux évoqués.

01/04/2006

Republication de la note sur le service civil et la société de la connaissance

Alors que l'idée du service civil semble gagner des partisans, nous souhaitons republier une note du 17 novembre 2005, "Service civil et société de la connaissance". Cette note présente en effet l'idée selon laquelle le service civil peut dépasser le simple cadre associatif pour se substituer, pour une part, à la fonction publique, diminuant de ce fait les dépenses de l'Etat et pouvant permettre de les réorienter vers des dépenses d'avenir, en faveur de la jeunesse, notamment celles consacrées à l'enseignement supérieur.

Service civil et société de la connaissance, texte initialement publié le 17 novembre 2005

La République est sur le point de créer un service civil volontaire, mélangeant des dispositifs préexistants d’une ampleur limitée que sont «Défense deuxième chance» et «Cadets de la République » et l’encadrement du volontariat associatif à travers l’initiative Unis-Cité.

Un tel service volontaire et facultatif, si louable qu’il soit, reste malgré tout contraire à l’idée même du service civil, qui repose sur l’idée de devoir, un devoir précisément à la charge de tous les citoyens d’une nation une et indivisible. Surtout, si le diagnostic que l’on porte est celui d’un pays happé par la reproduction sociale et l’inertie, le brassage social ne peut avoir de sens que s’il concerne tous les citoyens et non pas simplement quelques uns ! Cependant une telle conception du service civil trouve des adversaires. Le 9 novembre dernier, le Président de l’UMP et Ministre de l'Intérieur rejetait l’idée d’un service civil obligatoire pour la raison qu’il n’offrait pas la possibilité de «déboucher directement vers un emploi». Faire prévaloir cette dimension d’insertion professionnelle immédiate mérite d’être examiné car cette conception ouvre indirectement la voie à un service civil moderne.

Car le service civil s’applique par définition à tous les domaines de la vie civile, et porte, de ce fait, des potentialités directes et indirectes de transformation. Sans répondre immédiatement à la question relative à la formation professionnelle, constatons ainsi qu’il permettrait tout d’abord de compléter les dotations en moyens humains des associations et de certains domaines essentiels de l’action publique que sont la santé, la justice, la police ou encore l’éducation. De ce fait, il les rendrait plus efficaces et l’on sait que de nombreuses fonctions pourraient être assurées par de jeunes citoyens, a fortiori s’il s’agit de leur domaine de compétence initiale.

Surtout, dans un domaine fondamental, celui de l’éducation, le service civil pourrait permettre de lever une véritable armée de jeunes assistants offrant, spécialement aux enfants issus de milieux défavorisés, des cours de soutien direct ou encore des cours d’ouverture et d’approfondissement visant à les doter d’un véritable capital culturel, selon le modèle initié par l’ESSEC et repris à une échelle encore trop limitée par la Charte pour l’égalité des chances dans l’accès aux formations d’excellence.

Mais ces effets-là, directement visibles, ne seraient pas les seuls. Le service civil est en effet l’un des éléments susceptibles de favoriser l’adoption de mesures structurelles dont les effets à long terme pourraient être considérables, surtout sur le plan économique.

Le service civil a en effet vocation à intervenir, pour une partie, dans le champ d’action dévolu à la puissance publique et à ses agents. De ce fait, il permettrait de s’y substituer pour un coût inférieur. Les gains budgétaires entraînés par cette substitution du service civil à certains postes de la fonction publique pourraient être directement affectés à des dépenses d'avenir c'est-à-dire des dépenses d’investissement. Dans une économie ouverte et mondialisée dont le moteur fondamental est l’innovation, ces économies pourraient être affectées en priorité à l’éducation supérieure qui constitue le déterminant décisif de la croissance à long terme d’une nation et qui est un domaine dans lequel la France a malheureusement perdu pied.  

Aujourd’hui, en effet, les pays les plus dynamiques économiquement, comme la Finlande ou la Suède, réussissent à porter près de 70% d’une classe d’âge à l’université contre 37% en France. Le système français, rappelons-le, est considéré par tous les observateurs comme largement inefficace et caractérisé par un processus plus ou moins hypocrite d’exclusion. Ce système d’une méritocratie sans égalité, le service civil pourrait contribuer à le transformer en un système ouvert qui, pour sa composante publique, se fondrait sur l'engagement de servir. En contrepartie, il appartiendrait à l’Etat de prendre en charge l’intégralité des dépenses universitaires et de placer les campus français au niveau des meilleurs mondiaux, notamment en matière d’encadrement et de moyens informatiques.

On aurait donc tort de balayer le service civil d’un revers de main car il pourrait contribuer à recharger la signification de notre organisation politique tout en favorisant l’émergence d’une société ouverte bâtie sur la connaissance, plaçant la République à l’avant-garde des démocraties occidentales.

 

Jean-Jacques Arnal et Benjamin Djiane

Démission du chef de l'Etat, et après ?

Un blogueur, Versac, relaie l'appel de Christian Blanc à la démission du chef de l'Etat.

Mais est-on bien sûr qu'en cas de démission du chef de l'Etat et de dissolution de l'Assemblée nationale, les conditions politiques se prêtent à un débat serein et à l'exposé de solutions imaginatives ? ne doit-on pas chercher plutôt à créer les conditions d'un débat préalable exposant la situation française, dans toutes ses composantes, économiques et politiques, créer des sortes d'états généraux préalables à l'élection d'une assemblée constituante et mettant en avant la pertinence des solutions offertes par de nouvelles forces politiques comme Energies Démocrates ?



Claude Allègre : la clé de l'emploi est à l'université

Publication d'un article de Claude Allègre dans Le Monde intitulé "La clé de l'emploi est à l'université".

"L'université doit certes conserver sa vocation traditionnelle, qui est celle de créer les nouveaux savoirs, former les enseignants et les chercheurs, maintenir de hauts lieux d'érudition, de culture et de recherche, mais elle doit aussi, pour une large part, devenir un lieu de formation professionnelle débouchant sur l'emploi. Elle a fait des efforts dans ce sens, notamment en sciences, qui doivent être encore amplifiés."



29/03/2006

91 % des Français seraient pour un service civil obligatoire

Selon les résultats d'un un sondage réalisé par le collectif d'associations Civisme et démocratie (Cidem) et publié par La Vie, France3 et France Info, 91 % de nos concitoyens estimeraient qu'un service civil obligatoire constituerait une bonne initiative.

Les moins de 24 ans interrogés l'approuvent à 86%.
Parmi les activités que devrait inclure ce service civique, les uns et les autres citent en tête l'aide aux personnes âges ou isolées, l'aide aux personnes en grande pauvreté, et l'aide aux handicapés. Les jeunes préfèreraient que ce service civique ait lieu en plusieurs périodes courtes (55% contre 43% envisageant des périodes allant de 3 à 9 mois). 41% des Français (contre 53%) sont partisans aussi d'un service en plusieurs périodes.

Extrait d'une dépêche publiée par Yahoo !

27/03/2006

"Demain le service civil", le livre des fondatrices d'Unis-Cité

Publication cette semaine du livre des fondatrices d'Unis-Cité consacré au service civil et publication dans Métro, également, d'un texte de Marie Trellu-Kane, co-fondatrice de Unis-Cité et co-auteur du livre avec Anne-Marie Pache et Lisbeth Shepherd. A l'occasion de la publication du livre, Unis-Cité publie également un communiqué sur son site.

Extrait du texte de Marie Trellu-Kane : " Visons donc, dans un premier temps au moins, un service civil ambitieux, fondé sur l’engagement volontaire, mais se donnant l’objectif de mobiliser une part importante et croissante de la jeunesse."

22/03/2006

La proposition EVA

"Dans le cadre des travaux de la commission nationale du projet socialiste, Martine AUBRY, Eric BESSON, Jean-Marc GERMAIN et Pierre-Alain MUET ont présenté le projet EVA qui prévoit notamment d'établir un service civil obligatoire pour les jeunes qui en bénéficieraient.

Plus de détails dans une autre note...

15/03/2006

Romano Prodi pour un service civil piano piano

Lors de son duel télévisé face à S. Berlusconi, R. Prodi a réaffirmé ce soir tout son intérêt pour la mise en place d'un service civil. Pour autant, répondant au président du conseil sortant affirmant, en ayant supprimé la conscription, avoir donné aux jeunes italiens "une année de vie en plus" pour construire leur existence, R. Prodi s'est montré prudent. Le service civil ne fait pas partie en tant que tel du programme du l'Union, et ne sera donc pas une mesure prioritaire. Prodi entend bien laisser le temps à sa majorité, entre un et deux ans, pour trouver le moyen, en concertation avec les jeunes, de mettre en place un système qui, pour être souple, n'en demeure pas moins essentiel pour une réappropriation de la citoyenneté.

R. Prodi affirme ainsi avoir rencontré lors de sa campagne de nombreux jeunes à travers le pays, et avoir trouvé chez eux un¨écho très favorable. Pour R. Prodi, le service civil doit être un moyen pour la jeunesse de prendre conscience du monde dans lequel elle vit, et de se sentir intégré dans un communauté d'existence. Les modalités pratiques restent cependant à préciser. Il pourrait s'agir d'une période de 6 mois fixe ou de deux périodes de trois mois.


Benjamin Djiane

14/03/2006

Obsession et imagination

Combien de temps le mouvement étudiant restera-t-il fixé sur la seule question du CPE ? combien de temps restera-t-il ainsi sans aborder les raisons profondes qui transforment aujourd'hui la jeunesse en variable d'ajustement ? combien de temps avant que le mouvement étudiant réfléchisse enfin à la question qui nous semble fondamentale : la place de l'université dans la société française.

13/03/2006

CPE et crise de la représentation

Point de vue

Si la loi votée par le Parlement doit s'appliquer, l'Exécutif devrait peut-être s'interroger sur l'existence d'innombrables résistances.

En effet, si l'autorité de la loi est contestée c'est qu'elle semble moins l'expression de la souveraineté populaire que l'expression d'un Exécutif qui l'a mise au pas. Jamais, en effet, le pouvoir de contrôle du Parlement sur l'Exécutif n'a été si faible.

D'une part, la loi sur l'Egalité des chances est votée à l'issue d'un vote de confiance au gouvernement, et non au terme d'un débat sur la loi elle-même.

D'autre part, structurellement, le pouvoir parlementaire n'est pas autonome, le parlement est, aujourd'hui, la courroie de transmission de l'Exécutif. Où sont les commissions d'enquête d'un Arnaud Montebourg, où est le contrôle de l'exécution des dépenses à l'heure de la LOLF ? où est, en un mot, la régulation du pouvoir par des contre-pouvoirs ?

L'honneur des parlementaires pourrait même être sérieusement mis en cause du fait de l'étrange capitulation qui les a amenés à accepter une mesure fondamentalement antidémocratique, celle de proroger d'un an les mandats des sénateurs, des conseillers généraux et municipaux pour d'obscures raisons de calendrier électoral. Eh bien quoi, ne pourrait-on pas voter le même jour pour les municipales et les législatives dans la France qui se gaussait des péripéties des Etats-Unis en 2000 ?

Ces dysfonctionnemnents structurels, matérialisés par l'émergence d'une irresponsabilité de l'Exécutif, la trop grande soumission de l'autorité judiciaire et l'absence de procureurs indépendants dans les affaires mettant en cause les responsables politiques, aboutissent à l'émergence, à la stratification et à l'intervention récurrente d'un contre-pouvoir désordonné, vivant et désuni : la rue.

C'est bien parce que le pouvoir politique actuel, dans ses modalités de fonctionnement, est avant tout un pouvoir sans régulation, un pouvoir de la confusion des pouvoirs, en un mot, un pouvoir sans contre-pouvoirs, qu'il existe aujourd'hui, de telles résistances à l'autorité, en plus de l'incapacité des leaders politiques à dessiner l'avenir autrement que sur les voies de l'imitation.


Jean-Jacques Arnal

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